La critique est aisée mais l'Art est difficile

COURBET : le réalisme engagé, l’homme par qui le scandale arrive

 

 
 

 

 

 

 

 
 
 
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Gustave Courbet 

 
Ornans 1819 – Vevey 1877

 

le réalisme engagé,
 
 l’homme par qui le scandale arrive
 
 
 
 
 
 "L’origine du monde"
 

"Peut-être avez vous lu mon billet et vu l’origine du monde

qui fait toujours scandale, puisque comme je le disais,

 un galièriste qui l’avait exposé au vue de tous une copie géante de ce tableau, fut obligé de le reléguer au fond de sa galerie."
 
  
 
Il nait dans un village de Franche-Comté, Ornans,
dont il peindra tout au long de sa vie, les habitants, les lieux…
 
Les Courbet ne sont certes pas de pauvres gens,
le père est un propriétaire terrien dont le domaine est important.
 
 Gustave Courbet est un idéaliste, amoureux de la nature, bavard,
très beau garçon, distrait, pieux, affectueux, en fait un rêveur.
 
Sa mère est une personne simple et bonne,
qui passera sa vie a réparer les conséquences des lubies de son mari
 et dirigera l’exploitation.
Gustave a trois soeurs, il connait une petite enfance heureuse,
 mi-bourgeoise, mi-campagnarde.
 
A 12 ans il entre au petit séminaire d’Ornans, dirigé par son oncle abbé.
Gustave est un mauvais élève qui préfère l’école buissonière
et la chasse aux papillons.
Avec le professeur de dessin, ancien élève de Gros,
 il travaille sur le motif et parle déjà des rapports entre l’art et la société.
 
En 1837, il est envoyé au collège de Besançon où il s’ennuie ferme
et écrit à ses parents de violents commentaires sur la vie dans ce collège :
 chambres glaciales, repas maigres et mauvais….,
à force de supplications, ses parents finiront par le retirer du collège.
 
Il aura même l’autorisation de s’installer seul,
dans la maison ou est né Victot Hugo.
 
 Inscrit à divers cours,
 il ne suit presque uniquement que ceux d’un ancien élève de David,
devenu professeur de dessin. Courbet dira en 1853
 
"Je n’ai jamais eu de maître"
 
Il fréquente beaucoup le Louvre, où il exécute d’innombrables copies.
 
1843, il loue un atelier où il restera cinq ans, il s’agit d’une ancienne chapelle,
à laquelle on accède par un véritable escalier Louis XIII.
 
Excellent portraitiste, il envoie en 1844, au Salon un autoportrait,
 
 
 
 
 
"Courbet au chien noir", huile sur toile de 1842, Petit Palais, Paris
 
 
 qui est admis, il  affirme :
 
 "il faut qu’avant cinq ans j’aie un nom dans Paris".
 
 
 
 
Son physique et son caractère
 
Un de ses amis écrira
 
" Il était mince, grand, souple,
 portant de longs cheveux noirs
et aussi une barbe noire et soyeuse.
 On ne le rencontrait qu’escorté d’amis.
 Ses long cheveux langoureux, son nez droit,
 son front bas et d’un relief superbe,
 ses lèvres saillantes, moqueuses aux commissures,
 comme les yeux l’étaient aux angles,
ses joues lisses et bombées lui donnaient
la plus nette ressemblance
avec les profils de rois assyriens.
Son accent traînard et mélodieux
ajoutait un charme paysannesque
à sa parole caressante et très fine."
 
de plus Courbet possédait des mains magnifiques,
 avait une haute opinion de lui et un certain aplomb, pour ne pas dire de culot.
 
 
 
 
 
Amour
 
A cette époque, il file le parfait amour avec une femme de onze ans son aînée,
et qui sera la seule avec qui il entretiendra une relation amoureuse durable.
 
 Elle lui servira de modèle dans
 
 
 
"Les amants heureux" ou "Les amants dans la campagne."
 
1844, 76 x 80 cm, Musée des Beaux-Arts, Lyon
 
 Virginie le quittera en 1851,
 alors que leur fils n’a que quatre ans. Courbet écrit :
 
" ……Je regrette beaucoup mon petit garçon,
 mais j’ai suffisamment à faire avec l’art sans m’occuper de ménage,
 et puis un homme marié, pour moi, est un réactionnaire."
 
Ils se revoient pourtant les trois années qui suivent,
 et il réagit avec une grande tristesse lorsque fin 1854, sa maîtresse se marie.
 
"J’ai l’esprit fort triste, l’âme très vide,
le foie et le coeur dévorés d’amertume.
 A Ornans, je fréquente un café de braconnier
et je baise une servante.
 Tout cela ne m’égaye pas.
Vous savez que ma femme est mariée,
 je n’ai plus ni femme ni enfant.
Il paraît que la misère l’a forcée à cette extrémité.
 C’est ainsi que la société avale son monde.
 Il y avait quatorze ans que nous étions ensemble."
 
 
 
 
Courbet après son voyage en Hollande
 
Durant son voyage en Hollande, en 1847,
 il étudie les oeuvres de Rembrandt et son style se met alors en place.
 
 Les oeuvres qu’il présentera désormais seront l’objet de multiples scandales, mais il sera soutenu par un collectionneur,
 qui deviendra également son mécène : Bruyas.
 
 
 
"Bonjour Monsieur Courbet"
 
 1854, 129 cm x 149 cm, Musée Fabre, Montpellier
 
"En cours de contemporain nous avons passé plusieurs cours sur Courbet
 et un T.D fut réservé à cette oeuvre, je vais faire très court." Harmony
 
Son mécène, Alfred Bruyas, invita l’artiste chez lui à Montpellier,
 ou Courbet restera de mai à septembre 1854.
 
 Ce tableau révèle non seulement le talent de l’artiste, mais son caractère.  
Bruyas est venu attendre Courbet au croisement de la route de Sète
 et du sentier de Saint-Jean-de-Vendée,
 il salue son invité arrivé par la malle-poste qui s’éloigne au loin.
 
Courbet se place au premier plan et même son ombre est vigoureuse,
 alors que le Bruyas et son domestique ne bénéficient pas d’une ombre.
Ce qui fit dire à un critique :
 
" Il n’y a d’ombre que pour Monsieur Courbet,
 lui seul arrête les rayons du soleil."
 
 
 
 
 
 
" La cribleuse de blé", 1855, 131 x 167 cm, Musée des Beaux-Arts, Nantes
 
On s’accorde à reconnaître dans la cribleuse Zoé,
une des soeurs du peintre et dans le jeune garçon, son fils.
 
 
 
 
Courbet le socialiste
 
Il est heureux de la Révolution de février, mais horrifié par les journées de juin.
 A ses parents qui connaissent ses idées et s’inquiétent, il écrit :
 
"Je n’ai pas foi dans la guerre au fusil et au canon,
 ce n’est pas dans mon principe….
Voilà dix ans que je fais la guerre de l’intelligence".
 
 
 
 
Les défenseurs de Courbet
 
En janvier 1849, il écrit :
 
 "Je suis sur le point d’arriver car j’ai autour de moi des gens très influents dans les journaux et les arts et qui sont enthousiasmés de ma peinture;
enfin nous sommes sur le point de constituer une nouvelle école
 dont je serai le représentant en peinture.."
 
Il s’agit de Champfleury, chef de fil du "réalisme" et de Beaudelaire
qui est fasciné par la "modernité" de Courbet.
Delacroix devant Une après-dinée à Ornans,
 exposé au Salon en 1849, s’exclama :
 
 "Voilà un novateur."
 
 
 
 
 
Rien ne va plus
 
 1852, Courbet présente au Salon
 
 "Les Demoiselles de village", 
 
il est brocardé et en 1853,  l’Impératrice Eugénie éclate de rire devant
 
 "La baigneuse" détail des baigneuses
 
 
"Les baigneuses"
 
 
1855, le jury de l’Exposition universelle refuse ses envois
 
 
 
 
 
 
 
 "L’atelier", intitulé par Courbet "Allégorie réelle"
détail d’un ensemble qui mesure 359cm X 598cm
 
Contre une Académie figée,
l’artiste tente d’imposer un réalisme personnel,
ainsi se représente-t-il  mettant la dernière touche
à un paysage de Franche-Comté.
Derrière le peintre se tient un modèle dont la nudité fit scandale.
 La jeune femme s’absorbe dans le spectacle de l’artiste au travail,
indifférente aux regards. Elle est l’image de cet art,
sans fausse pudeur ni manièrisme que Courbet voulait inaugurer.
 
 
 
 
 
 
 " Un enterrement à Ornans"
 
On a alors reproché au tableau sa vulgarité
et les critiques ont accusé Courbet de peindre
 
 "le laid", "le trivial" et "l’ignoble".
 
 L’enterrement à Ornans va vite devenir une œuvre manifeste du Réalisme
 dont Courbet sera le chef de file,
 un peintre engagé pour l’Art mais aussi pour la République.
 
 
 

Les 47 personnages pressés en double rang sont tous des habitants d’Ornans

que Courbet avait fait poser un à un dans son atelier.

Comme à l’église, les hommes (à gauche) et les femmes (à droite) sont séparés.

 Les hommes portent des costumes noirs

et plusieurs d’entre eux un chapeau haut de forme.

 Les femmes quant à elles portent des coiffes blanches et des capuches noires ;

plusieurs d’entre elles tiennent un mouchoir blanc dans la main

 et pleurent le mort.

 A partir des données des archives municipales et des actes notariés,

les historiens ont pu donner un nom à presque tous les personnages,

 répartis en petits groupes distincts.

Courbet achève ce tableau en 1850, exactement au milieu du XIXe siècle :

c’est une période charnière pour l’histoire de France

comme pour l’histoire de l’art moderne.

 

 

 La révolution de 1848 vient d’avoir lieu.

Elle a vu tomber le dernier roi de France, Louis-Philippe

et institué une éphémère deuxième république qui va élire

comme président son prochain dictateur Louis-Napoléon Bonaparte,

 futur Napoléon III.

 
Dès lors il construit son propre pavillon pour y exposer
 
 il devint le chef du mouvement réaliste et en écrit le manifeste.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
"Les Demoiselles des bords de la Seine", 1857,
 
qui ouvrent la voie à l’impressionnisme !
 
 

 
 
 
 
 
"Le sommeil", 1866, 135 x "200 cm, Paris, Musée du Petit-Palais
 
Il s’agit d’une commande d’un ancien ambassadeur de Turquie
 à Saint-Pétersbourg et grand amateur de nudités féminines.
 La femme rousse est la maîtresse du peintre anglais Whistler, surnommée :
 
la belle irlandaise.
 
 Cette oeuvre pourrait rivaliser avec un Titien.
Certains ont voulu voir dans le choix du sujet,
 une condamnation des moeurs du Second Empire
que l’artiste déclarait
 
 "détester".
 
 
 
 
 
 
Johanna Hofferman, "Jo, femme d’Irlande", 1866, 56 x 66 cm
"la belle Irlandaise", Metropolitan Museum of Art, New York. 
 
 
 
 
 
Courbet et la commune
 
La lutte
 
16 mai 1871, la Commune fait rage
et Courbet demande que l’on déboulonne la colonne Vendôme,
symbole du militarisme et de l’Empire. 
L’artiste met tout en oeuvre pour sauvegarder
 les oeuvres d’art aussi bien des Prussiens qui font le siège de Paris,
 que de certains communards qui par des incendies,
mettent en péril des monuments de la capitale.
 
Courbet fait notamment blinder les fenêtres du Louvre
 et disposer des sacs de sable autour des principaux monuments,
 dont l’Arc de Triomphe. Ce qui ne l’empêche pas de publier un manifeste 
 pour la cessation des hostilités.
 
 Il précise également dans une lettre au gouvernement
qu’il ne veut pas qu’on casse la colonne, mais
 
"qu’on l’enlève d’une rue, dite rue de la Paix"
 
et que les bas reliefs pourraient par exemple être exposés
dans la cour des Invalides.
 Il s’insurge contre la vente aux Anglais des collections d’art de Thiers,
dont l’hôtel parisien va être détruit en représailles, entendu de justesse,
 les collections sont transportées au Louvre ou Thiers les retrouvera intactes.
 
 
 
 
La prison
 
Le 28 mai, jour où cesse toute résistance,
 les bruits les plus fous courent sur le peintre :
il s’est empoisonné, il a été fusillé….
 
Quant à la police, elle le recherche activement.
 
 Le peintre est parti pour Ornans où sa mère très affectée est tombé malade, elle meurt le 3 juin.
 
Le 7 juin Courbet est arrêté et conduit en prison,
 
inculpé, il est exibé menottes aux mains dans les rues de la capitale.
 
 Le 14 août lors de son interrogatoire,
tous ceux qui l’ont connu sont frappé par son physique,
il a beaucoup blanchi, la barbe est courte, l’air abattu et maladif.
Le peintre est condamné à une peine relativement légère
en un temps ou la justice est sévère : six mois de prison.
 
A la fin de l’année, très malade, il est transporté dans une maison de santé,
il y peint énormément et achève de purger sa peine.
 
 
 
 
 
La fuite en Suisse 
 
A sa sortie de prison il constate que partout il a été pillé,
au Salon de 1872, il est refusé.
Courbet va à Ornans ou il apprend
que l’on veut lui faire payer la restauration de la colonne Vendôme.
 
Avant même que la justice en décide on ordonne des saisies conservatoires,
 le 22 juillet, de peur qu’on ne le rejette en prison pour non-paiement de dette,
 il s’enfut en Suisse.
 
Courbet y achète une vieille auberge, au bord du lac,
il peint avec tristesse et amertume de nombreuses et belles toiles.
 
L’exil joue sur son moral, le peintre s’adonne à la boisson.
 
Fin 1877,
très malade il tombe dans les mains d’un charlatan qui aggrave son cas,
le 29 décembre il refuse la communion et meurt le 31 à l’age de 58 ans.
 
"Si génie il y a dans l’oeuvre,
il est étroitement lié à l’absolue volonté de Courbet
de peindre son époque avec autant de fougue qu’il la vivait lui-même".
 
 
 
 
 
 
 

  Billet du 2 août

 

 
Petite Fée des trucs et astuces
 

 

 
 
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6 Réponses

  1. Unknown

    Ma douce Harmony, me voilà  dans ce magnifique livre des merveilles.. j\’adore Courbet et sa peinture réaliste.. pas besoin d\’apn à cette époque, son travail est  remarquable.. et quant à sa peinture reléguée au fond de la galerie, elle est très belle..
    Très intéressant sujet que ton article. Bravo Harmony et là tu portes vraiment ton nom car ces peintures sont toutes en harmonie.
    je te fais plein de bisous
    chantal
    http://chantalbod.chezblog.com

    23 novembre 2007 à 21:53

  2. christiane

    merci pour le joli papillon, oui tout le monde me dit que mes images apparaissent puis disparaissent, je ne sais pas d\’où ça vient, le pire c\’est que moi je les vois !
    ton blog est toujours un enchantement
    gros bisous
    christiane

    18 novembre 2007 à 13:39

  3. Chrysalis'

    A chaque fois que je passe ici je suis impressionné par ton implication pour ces multiples injustices qui jallonnent le monde. Impressionné aussi de voir avec quelle constance tu nourris ce blog et les autres… As-tu le temps de dormir un peu ???
    Sympa ce billet sur Courbet, par contre attention msn n\’aime pas trop la nudité même dans un tableau… Il serait dommage de voir ton espace fermé pour ça après tant d\’efforts !
    Je sais que je me fais rare ici, toi aussi d\’ailleurs tu ne passes plus que très peu chez moi, mais je comprends compte tenu du boulot titanesque que tu livres ici. Deplus si tu passes et laisse un message sur un ancien billet à la connexion je n\’ai plus la liste des derniers coms laissés…donc je vois plusieurs jours, voir des mois après d\’anciens coms lorsque je parcours mon blog… De ce fait désolé de n\’avoir rebondi sur aucun d\’eux.
    Ménage-toi un peu.
    Je t\’embrasse.

    18 novembre 2007 à 10:44

  4. audrey

    bonjour nicky
    tu c que tu est une mine d\’or pour nous ma belle !!!!
    j\’en apprand chaque fois
    je pense a toi !!!! remonte je c que tu va pas trop bien !  bat toi mon amie !!!
    je te fais de gros kisssss audrey 

    18 novembre 2007 à 10:05

  5. Coco

    Allo Harmony,
    Un gros merci de ta visite..tu c? Tu est une perle rare Nicole..tu fait tout..tu te consacre et tu livre toutes ses informations..tu c quoi? Va falloir te rendre hommage…pas d\’allure tout ce que tu fait et je c que tu le fait avec ton coeur…avec tout ce qui ce passe avec toi..le mal et tout..j\’mexuse pour ce mot mes MERDE que tu te travaille fort et je te felicite avec un grand F..je t\’adore..je suis pas presente comme avant mes tu est toujours dans mes pensees croix sur coeur…comme tu c hmm je crois je vais pas bien c temps ci..mes je suis toujours la…je blog pas comme avant mes peut etre un jour je vais le re blogger comme avant..tout ca je part et un gros merci a toi..et je suis sure que tout le monde ici t\’adore et te felicite pour le travaille que tu fait.
    A plus tard ma belle Harmony et merci pour ton jolie Papillon..
    Coco xo(((Hugs)))

    18 novembre 2007 à 09:49

  6. fAb'Créa

    Doux week end Harmony
    Gros bisous fAb

    16 novembre 2007 à 21:57

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