La critique est aisée mais l'Art est difficile

Kouros et Kore

 

STATUAIRE GRECQUE :

KOUROS et KORE

 

  Kouros

 

 

 

Kouros de Sounion, Ex-voto du sanctuaire de Poséidon, vers 580-600 av. J.-C.

Athènes, Musée Archéologique National  

 

 Il est immense. Plus de trois mètres de haut.

C’est un kouros typique, bras le long du corps, pied gauche en avant.

Visage construit géométriquement, avec larges surfaces plates sur les côtés, et menton puissant.

 le "noeud d’Hercule" (noeud plat classique) qui retient la chevelure à l’arrière et la taille des oreilles.

 La musculature abdominale est toujours traitée de façon graphique.

Les techniciens remarquent sa position oblique sur la base, signe qu’il faisait partie d’une paire.

Bras gauche, jambe gauche et une partie du visages ont été restaurés.

 

 

 

 Au pluriel Kouroï, est la statue d’un jeune homme,

 datant de la période archaïque de la sculpture grecque  (de -650 à -500).

 Les premiers Kouroi étaient en bois et n’ont pas survécu jusqu’à nos jours,

 mais vers le VIIe siècle av. J.-C.

 Les Grecs apprirent à sculpter la pierre avec des outils en fer

et commencèrent à fabriquer des Kouroi en pierre,

 surtout en marbre en provenance des îles de Paros et Samos.

Le mot grec ancien κοῦρος / koũros signifie « jeune homme »

  et fut utilisé par Homère pour parler des jeunes soldats.

 A partir du Ve siècle av. J.-C., le mot fait référence à un adolescent,

 un homme sans barbe, mais pas un enfant.

 A partir de 1890, les historiens modernes ont utilisé ce mot

 pour faire référence à des statues d’hommes nus.

 Les Kouroi étaient également appelés des Apollon,

 puisqu’on pensait que toutes ces statues représentaient le dieu Apollon.

Les Kouroi furent créés à une époque où la Grèce était

 sous l’influence culturelle de l’Ancienne Égypte,

 comme on peut le voir par leur pose rigide caratéristique,

 qui rappelle les statues des anciens rois égyptiens.

 Les Grecs auraient vu ces statues en visitant l’Égypte en tant que commerçant  

ou de mercenaires engagés par les égyptiens.

 Les Kouroi sont pratiquement toujours debout avec les bras sur le côté et les poings serrés,

 bien que quelques uns aient un bras tendu pour tenir une offrande.

Ils ont toujours la jambe gauche légèrement en arrière.

Cette pose était également répandue dans la statuaire égyptienne.  

Les Kouroi sont toujours nus, portant tout au plus une ceinture et parfois des bottes.

 

Tête d’un Kouros du Getty Museum 

 

 

 Leurs visages montre l’influence culturelle de la Crète :

ils portent des cheveux longs tressés ou ornés de perles à la mode crétoise

et leurs yeux ont parfois l’aspect égyptien typique, qu’a copié l’art crétois.

 Les Kouroi moins anciens montrent des poses plus naturelles

 et leur coiffure devient plus typique de la Grèce.

 Les Kouroi représentaient toujours des jeunes hommes,

 de l’adolescence au début de l’âge adulte.

Dans les cimetières, ils montraient le défunt comme le type idéal de la masculinité.

Dans les premiers temps, les Kouroi étaient supposés avoir des pouvoirs magiques

 et d’être des représentations de dieux.

Vers le VIIe siècle av. J.-C., les plus anciennes sources connues,

 les Kouroi avaient deux utilisations.

 Ils étaient donnés aux temples comme offrandes par de riches citoyens grecs,

comme on peut le voir sur les inscriptions qui apparaissent sur leur piédestal.

 

 

   

Kroisos, Athènes, Musée Archéologique National  

C’est du marbre de Paros, le plus lumineux comme celui utilisé pour la Vénus de Milo.

 Encore un kouros funéraire trouvé à Anavyssos en Attique

 

 

 

 Ils étaient également placés dans les cimetières pour marquer la tombe de citoyens importants.

Cependant, les Kouroi n’ont jamais été supposés être des représentations de personnes réelles.

 Un des Kouros les plus connu était sur la tombe de Kroisos, un soldat athénien.

 L’inscription sur la statue indique :

  "Arrête-toi et aie pitié devant la marque de Kroisos, mort,

 que le violent Ares fit périr au premier rang du combat."

 Le mot marque nous montre qu’il s’agit d’une représentation symbolique

 de Kroisos et non d’un portrait.

Une autre œuvre très connue est celle des doubles Kouros connus sous le nom de

   

 

Cléobis et Biton, 590 av. J.-C. Delphes, Musée

Œuvre du sculpteur argien Polymède,

 considérée comme caractéristique des tendances de la plastique péloponnésienne.

 Il s’agirait peut-être des Dioscures.

  Ces statues datent d’environ -580 et sont la représentation de deux héros semi-mythiques

 d’Argos dans le Péloponnèse.

 Ce sont des Kouroi typiques représentant la piété filiale et la force physique.

 

Au VIe siècle av. J.-C.,

les Kouroi devinrent plus grand car les Grecs étaient plus riches

et avaient plus d’expérience dans la sculpture du marbre.

 Certains firent trois ou quatre fois la taille humaine.

 Les plus grands furent produits pour le grand sanctuaire de la déesse Héra de Samos, 

qui fut fondé par le tyran Polycrate.

Un de ces Kouroi géant de cinq mètres de haut est le plus grand jamais retrouvé :

 il fut découvert en 1981 et se trouve actuellement au musée archéologique de Samos, 

qui a dû être aménagé pou l’accueillir.

 Une inscription sur sa droite nous laisse penser que la statue était dédiée à Héra

 par un noble ionien nommé Isches.

La plupart des Kouroi furent commandés par des aristocrates pour être offerts aux temples,

 ou par des familles d’aristocrates pour placer sur leur tombe.

 La sculpture en marbre était très chère et seuls les plus riches pouvaient se permettre

de payer des sculpteurs pour créer de telles œuvres.

Les Kouroi sont ainsi des représentation de la santé et du pouvoir de la classe aristocratique grecque,

 et quand cette classe perdit son pouvoir au VIe siècle av. J.-C.,

 les Kouroi passèrent de mode, à la fois politiquement et artistiquement.

A la fin du VIe siècle av. J.-C.,

 les Kouroi ont cédé leur place à des sculptures plus réalistes de personnes réelles.

 Parmi les premières représentations de personnes réelles,

on trouve les statues des tyrannoctones,

 

  

 

  

Le kouros de Volomandra Athènes, Musée Archéologique National  

Le mince kouros funéraire de Volomandra (Attique)

reprend la silhouette bien connue sur ces premiers vases à figures noires

 produits par le Peintre d’Amasis vers 550-540 av. J.-C.

 Le sculpteur semble avoir apporté tout son art à l’exécution du visage au sourire lumineux,

au large front entouré de boucles dessinées comme des flammes et malgré le rendu maladroit

des bras, l’ensemble de l’oeuvre est solidement mise en place.

Car il s’agit d’une statue funéraire.

Comme quoi, quand le corps menace de disparaître,

 on se dit qu’il est temps de faire quelque chose pour en conserver l’image.

 

 

   

 Erigées à Athènes vers -500, ces sculptures montrent encore le caractère formel des Kouroi,

mais sont plus réalistes.

 Il est significatif que ces statues marquèrent l’avènement de la démocratie athénienne.

 Elles montrent le remplacement de la culture des Kouroi

et du système aristocratique qui l’accompagnait.

 

 

KORE

 

Koré au péplos, Athènes, vers 530 av. J.-C. marbre, H. 1,21 m, Musée de l’Acropole, Athènes 

 

 

 

La Korè, au singulier est l’équivalent féminin du kouros, mais reste toujours habillée d’un drapé.

 Elle apparaît au début de la sculpture monumentale grecque du VIIème siècle

et restera l’oeuvre de prédilection des sculpteurs jusqu’en 425 environ,

tout en ayant entre-temps subi de nombreuses améliorations,

 notamment dans la qualité du rendu du drapé ou l’expression du visage. 

 

 

"Koré  au peplos",

 vue plus haut, avec boucles d’oreilles et un beau travail dans le rendu de la coiffure. 

 

 

 

 

Certainement la plus belle qu’i m’ait été donné d’admirer

 

Les sculpteurs font assaut de virtuosité dans le rendu des plissés, des galons,

 le tout avec des rehauts de couleurs. Certaines portent des bijoux, ici un diadème,

 il n’y a aucune comparaison avec la "rudesse" du Kouros.

 La koré est très raffinée, son attitude n’est pas figée, elle esquisse même un sourire.

N’oublions jamais que nous admirons la blancheur des monuments,

 alors qu’ils étaient tous peints et souvent fort colorés, le rouge étant très apprécié. 

 

 

 

 

 

 

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5 Réponses

  1. Harmony

    goldmanfb31 janvier 15:22 

    Bonjour Nicole,
    Merci pour ton commentaire déposé sur mon Space, ça me fait plaisir vraiment.
    Malheureusement, le temps me manque pour aller sur tous blogs de mes ami(e)s.
    Crois-moi, je n\’oublie personne !
    Je décompte les pour arriver à cet instant où je pourrais rencontrer JJ, oui mais quand ?
    Bonne continuation sur ton site particulièrement.
    Bises amicales. Francoise

    11 février 2008 à 16:53

  2. £éa ♣

    Merci ,encore un magnifique billet et une intéressante partie de l\’histoire..
    que de belles statues,vraiment superbes!! je suis toujours admirative d\’un tel
    travail et d\’une grandeur,il  faudrait être idiot pour faire la "tête de l\’art!!"
    l\’homme peut crée de biens belles choses dommages qui les détruisent pour la plupart..
    je continue..@+

    10 février 2008 à 02:04

  3. dominique

    Kikou
    superbe ton billet
    j ai bien apprecier
    Merci d avoir mis ta trombine chez moi ça m as fait bien plaisirs
     
    je t envoi pleins de bizou
     
    et du soleil
     
    Domi

    7 février 2008 à 20:12

  4. illyria

    bonjour ma douce pas grave pour cela la sante d\’abord ma belle je te souhaite de passer une belle journee gros bisous illyria

    7 février 2008 à 12:32

  5. IlLyRiA L'AnGeLuS

    bonjour harmony tres beau billet je te souhaite de passer une belle journee gros bisous et a demain illyria

    6 février 2008 à 09:27

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