La critique est aisée mais l'Art est difficile

Renoir : peintre de la vie heureuse et de la féminité (reprise d’un billet de 2009)

Pierre Auguste RENOIR
 
1841 à Limoges – 1919 à Cagnes
 
 
 
 
 
  
« auto portrait » en 1876

Renoir était issu d’une famille pauvre, son père,

 un modeste tailleur de pierres, entretenait à grand-peine sa famille.

En 1855 il met son fils Auguste, âgé de 14 ans, en apprentissage

dans une fabrique de porcelaine,  où l’adolescent est initié

à la peinture sur porcelaine.

L’introduction d’une machine mettra fin à cette expérience.

 Pour vivre, il décora ensuite des éventails, des stores et des tentures d’Eglise

 pour des missionnaires d’outre-mer.

 

Huit ans plus tard Renoir disposait d’assez d’argent pour entrer

  à l’Ecole des Beaux-Arts. Parallèlement, il fréquente l’Atelier privé

de Charles Gleyre  où il se liera d’amitié avec ses condisciples : 

Alfred Sisley, Frédéric Bazille et Claude Monet.

Gleyre n’eut sans doute pas une haute opinion de son élève

 quand il demanda au jeune peintre assis devant sa toile :

 » C’est sans doute pour vous amuser que vous faites de la peinture ? »

« Mais certainement, répondit Renoir, et si ça ne m’amusait pas,

 je vous prie de croire que j’en ne ferais pas. »

Abandonné à lui même par Gleyre

Renoir en profita pour travailler

 selon ses goûts en copiant les grands maîtres au Musée du Louvre.

Renoir photographié

 

LA PERIODE IMPRESSIONNISTE  (1864-1883)

Suivant la recherche de ses amis, en particulier Bazille et Monet,

 sur la lumière naturelle, il travaille souvent « sur le motif »

en forêt de Fontainebleau.

C’est là qu’un jour peignant, il fut pris à partie par des gamins

qui se moquaient de sa vieille blouse de porcelainier.

Il fut secouru par l’arrivée d’un homme vigoureux

malgré sa jambe de bois,  c’était Diaz, qui le prit en amitié

et lui permit de s’approvisionner en couleurs à son compte. 

 A partir de 1864, Renoir expose ou tente d’exposer au Salon,

accepté en 1864, refusé malgré l’intervention de Corot en 1866.

 

« Diane chasseresse »

qui permet de discerner l’influence qu’exerçait Courbet

sur la production de Renoir à cette époque.

 

 

« Lise à l’ombrelle« , 1867

 La peinture de Renoir trouve son premier accomplissement dès 1867,

et sa Lise est une oeuvre où déjà se trouvent fixé

les grands thèmes chers à Renoir : la lumière et le corps de la femme. 

 

« Lise cousant » 1866

Ses recherches artistiques vont alors couvrir un large éventail,

 étant moins sûr que d’autres peintres de la direction à prendre,

 tenu qu’il est par la double nécessité de vendre des tableaux

 pour vivre et de se tailler une place sur la scène parisienne. 

En plus de belles oeuvres de vues citadines et de paysages,

comme les vues de Paris qu’il peint avec Monet au printemps 1867. 

Renoir s’exprime aussi dans de nombreuses scènes de genre,

des portraits en plein air, comme

 

  

« Les Fiancés »  dit le ménage Sisley, 1868 

qui séduisent le spectateur par leur luminosité et leur expressivité. 

Il ne s’appropriera un mode de représentation picturale qu’à l’été 1869,

lorsqu’il travaille à La Grenouillère avec Monet,

peignant l’animation de ce lieu de loisirs de la bourgeoisie parisienne,

avec des touches de couleur rapides et vigoureuses simplifiées à l’extême,

 des personnages à l’état d’esquisse, un art de la lumière

rendue par des reflets mobiles, rendant ainsi compte de l’ »impression »

régnant dans ce lieu. Pourtant, si Renoir, avec

 

« La Grenouillère »

 et quelques autres toiles datées de 1869 et 1870,

 affirme les composantes essentielles de la peinture impressionniste,

 en particulier la division des tons, sa recherche délibérée d’une clarté accrue

 par une couche légère de peinture qui apparaît dès 1872,

 va caractériser l’exécution de la plupart des œuvres rattachées

à sa période impressionniste:

 

  

« La loge » (1874),

 

 

« Bal au Moulin de la Galette » (1876), 

« La balançoire » (1876), Paris, musée d’Orsay,

legs de Gustave Caillebotte.

 

  

 « Portrait de Jeanne Samary » (1877),

 

 

« Le déjeuner des canotiers«  

  Renoir a réuni, sur la terrasse de l’Auberge du Père Fournaise,

 tous ses amis et modèles pour participer à cette grande oeuvre.  

Au premier plan, à gauche, Aline joue avec son petit chien,

 à droite, se trouve le peintre Gustave Caillebotte,,

  millionnaire et premier mécène des impressionnistes.  

L‘ambiance est heureuse et sereine.

Pourtant, Renoir dont la situation financière n’était pas brillante,

 ne savait pas, lorsqu’il commença cette oeuvre si il pourrait la terminer.

 « l’oeuvre de Renoir est débordante d’une bonne humeur contagieuse ».

Renoir révèle à travers ce chef d’œuvre tout son talent.  

Par la suite l’artiste appuiera sur ses recherches plastiques et, petit à petit,

 naîtra l’anti-impressionniste.

 « Renoir, comme Cézanne, fut un peintre anti-impressionniste »

 dira André Lhote.

Sa caractéristique principale est l’emploi d’une pâte

plus ou moins épaisse mais toujours résineuse, c’est-à-dire,

contrairement à la pâte d’un Monet,

fort peu diluée dans l’essence de térébenthine.  

La vive admiration que Renoir éprouva pour Delacroix

 n’est peut-être pas étrangère à cette évolution qui,

après les expositions impressionnistes « maudites »

de 1874, 1876 et 1877 auxquelles il participa,

contribua au très grand succès qu’il remporta au Salon de 1879 avec

 

 

« Madame Charpentier et ses enfants »

 

 Il est vrai qu’il a renoncé, cette année-là,

à exposer aux côtés de ses amis impressionnistes

et que le goût de Georges Charpentier, éditeur très en vue,

n’a pas été sans cautionner l’art de Renoir auprès des amateurs de portraits.

 « Renoir a un grand succès au Salon. Je crois qu’il est lancé,

tant mieux, c’est si dur la misère ! ». Pisarro.

Pendant ces années « misère »,

Renoir aura peint de fabuleuses toiles impressionnistes,

aujourd’hui des chefs d’oeuvres connus dans le monde entier.

 

 

« Aline et Renoir »

En 1880, Il rencontre une jeune modiste, Aline Charigot,

 elle a vingt ans et posera pour lui dans de très nombreux tableaux.

Ils se marieront cinq ans après la naissance de Pierre,

et auront deux autres enfants, Jean et Claude.

Renoir est connu, apprécié, il peut maintenant profiter de la vie.

 Aline posera une première fois dans :

 

 

« Les Canotiers à Chatou »

Petit à petit il va s’éloigner de l’impressionnisme,

les contours de ses personnages deviennent plus précis,

il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides. 

 Fin 1881, il écrit :

« Je suis encore dans la maladie des recherches.

Je ne suis pas content et j’efface, j’efface encore…. ».

 

  LA PERIODE INGRESQUE ou « SECHE » (1883-1890)

Grâce à la vente de ses tableaux, Renoir peut pour la première fois,

 partir en voyage vers le sud, sur les traces de Delacroix,

d’abord en Algérie, puis en Italie, où il découvre les maîtres florentins,

 Raphaël et les fresques de Pompéi, enfin à l’Estaque, où il peint avec Cézanne,

 avec des coloris plus violents, et revient au dessin.

Renoir affiche encore plus de détachement à l’égard de l’impressionnisme: 

« Vers 1883, il s’est fait comme une cassure dans mon œuvre.

 J’étais allé jusqu’au bout de l’impressionnisme

 et j’arrivais à cette constatation que je ne savais ni peindre ni dessiner.

En un mot, j’étais dans une impasse ». 

« Les Grandes Baigneuses » (1884-1887), Musée d’Art de Philadelphie.           

 

LA PERIODE « NACREE » (1890-1897)    

Critiqué, mal compris, Renoir va peu à peu sortir de la période « sèche ».

Sans revenir à un coup de pinceau purement impressionniste,

il va abandonner le style linéaire, et adopter

une facture plus souple et onctueuse,

avec plus de fluidité et des effets de transparence.

Cette évolution de Renoir qui approche la cinquantaine

 est aussi due au fait suivant :

« Il s’aperçut en effet, à cette époque, que ses œuvres de jeunesse

 se craquelaient et que les tons s’altéraient.

Il surveilla donc ses mélanges, qu’il réduisit au minimum,

 et se contenta d’une couche mince et unique ». 

 

« Les Jeunes Filles au piano » (1892),

première toile de l’artiste achetée par l’Etat,

Après 1897 et jusqu’à la fin de sa vie,

 Renoir en vint à une manière impulsive, directe, sans retouches,

« Après le bain »  

 à laquelle vont se rattacher d’innombrables figures de femmes

plantureuses et nues peintes souvent en une seule séance

 dans des coloris à dominante ocre-rouge.

« Baigneuse se coiffant »

Souffrant de rhumatismes articulaires, il fut contraint

de rechercher le climat du Midi.

 Il s’établit  d’abord à Grasse, ensuite au Cannet,

 puis à Cagnes, où il fut frappé, en 1912,

 d’une paralysie des jambes et des bras.

Opéré, il continua de peindre, son pinceau attaché à la main,

durant les sept années qui lui restaient à vivre.

Il meurt à Cagnes, laissant une œuvre considérable, nécessairement inégale,

 ne serait-ce qu’en raison de son caractère prolifique:

plus de 4 000 peintures,

soit un nombre supérieur à celui des oeuvres de Manet,

 Cézanne et Degas réunies.

     

« Jean écrivant » 1901

Jean devint le grand cinéaste que l’on connait.

 

 

  

Une Réponse

  1. Kikou, oui c ‘est moi, Harmony, désolée si pour une fois je n’ai pas présenté mes voeux…….j’étais hospitalisée pour une fracture de la clavicule.
    A ce jour je porte toujours des anneaux claviculaires et reste bien handicapée. Mais comme vous le savez, l’Art est mon refuge, alors je me suis autorisée, ne pouvant faire de nouveaux billets à en reprendre un ancien…..Bisouxxx à tous les amis qui passeront, mais après tant d’absence, y en aura t il ??

    26 février 2013 à 08:18

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