La critique est aisée mais l'Art est difficile

Visites : châteaux, musées etc….

La Manufacture de Sèvres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

et chez Harmony 

"des problèmes physiques m’empêchent d’utiliser l’ordinateur

aussi longtemps qu’à mon habitude,

aussi je vais vous proposer des billets qui étaient en attente de publication

et qui ne sont pas forcément bien mis en forme (ex : ici il manque un fond).

Je vous demande de bien vouloir m’excuser

si je ne passe plus sur les blogs pour le moment).

 

La "porcellana" devient la porcelaine

 

 

Marco Polo

 En voyage en Chine entre 1275 et 1291,

découvrira une céramique fine et translucide inconnue en Occident.

 

 

 Il la baptisera "porcellana",

 du nom d’un coquillage nacré en forme de vulve de truie très prisé des romains.

La porcelaine fera une entrée en force dans les grandes cours.

Un commerce régulier s’établira entre l’Extrême-Orient

et l’Europe après l’ouverture de la route des Indes par Vasco de Gama.

 


 

 Les Portugais, puis les Hollandais, Anglais et Français,

se disputeront le monopole des importations des

"Porcelaines de la Compagnie des Indes".

Certains potiers et alchimistes européens de la Renaissance

tenteront de percer les secrets de fabrication.

 Ils seront encouragés par les Médicis à Florence

et des princes français du début du XVIIIème siècle.

 

 

 

Manufacture nationale de Sèvres

 

  

Gravure ancienne représentant la manufacture 

 

 

   

La Manufacture nationale de Sèvres est une des plus célèbres en Europe.

A l’origine, elle produisait une porcelaine tendre,

mais suite à la découverte en 1768 par deux de ses chercheurs,

du premier gisement de kaolin sur le sol français, près de Limoges,

 la porcelaine dure est commercialisée à Sèvres dès 1770.

La compagnie Charles Adam, fondée en 1738 au château de Vincennes,

 deviendra en 1740, une manufacture de porcelaine grâce au soutien

de Louis XV et de Madame de Pompadour.

 Puis par décret royal de 1745, la "Manufacture de Vincennes"

 et en 1753, la "Manufacture Royale de Sèvres".

 

 

 

Un important tournant pour la manufacture

 

En 1748, Vincennes innove avec un décor en camaïeux de pourpre

représentant des paysages, des natures mortes ou des personnages.

La pourpre contenant de l’or ces décors sont onéreux à réaliser.

La palette de couleurs de Vincennes va s’enrichir progressivement de 1745 à 1751,

 date à laquelle Jean Hellot, en charge des émaux de la manufacture,

met au point le fameux beau bleu ou bleu lapis

 

 

 

 dont la transparence nuagée apparaît après cuisson.  

Vincennes possède alors son propre style,

 

 

 chinoiseries

 ainsi que le monopole de la décoration à l’or.

 Toujours inégalé ce travail fera sa renommée.

 

 

La manufacture de Vincennes sera transférée à Sèvres

et rattachée à la Couronne en 1759. 

 

 dans un bâtiment construit à l’initiative de Madame de Pompadour,

 à proximité de son château de Bellevue 

   Il se situe sur la route menant la Cour de Paris à Versailles, dite Route royale,

Louis XV peut s’y arrêter à loisir.

Le souverain organise des ventes de produits nouveaux de la Manufacture,

tous les ans à Noël, dans ses appartements privés du château de Versailles.

 

 

Après le déménagement à Sèvres, des artistes enrichissent la technique du décor.

 De grand vases deviennent les supports de chef d’œuvres

 d’artistes peintres sur porcelaine.

 

    

Tasse à glace en porcelaine, vers 1763.

 

La vitrine expose dix pièces du service à dessert à "attributs et groseilles",
commandé par Louis XV, probablement pour Le Trianon,
comprenant trois tasses à glace, quatre assiettes, un compotier-coquille
et deux plateaux de tasses à glace.
 
 

   

  Le nom de Sèvres a fusionné avec la porcelaine et est entré dans le langage courant

pour désigner une porcelaine fabriquée à la Manufacture.   

Pour finir le support n’a plus d’importance;

on utilise donc des plaques pour y réaliser des chefs d’œuvres comme

 

"Le déjeuner de la sultane" peint par Pithou le jeune en 1783

 

 

Pot à sucre, en porcelaine tendre, 1786, artiste Jacques Fontaine. Période Louis XVI, Musée du Louvre

 

L’Empire et la Restauration

 

 

Pendant l’Empire le décor, toujours monumentale,

 est consacré à de grandes scènes historiques

ou aux portraits de grands personnages de l’époque. 

Se caractérisent par la fabrication de grands vases,

de plaques et de magnifiques services de table destinés aux résidences de l’Empereur

 puis du Roi ou utilisés comme cadeaux diplomatiques. 

 

Rafraîchissoir "Service Olympique"
 Porcelaine, Dorures, Peinture, entre 1804 et 1807

  

 

Après 1850

 Une création essentielle de Sèvres fut celle de la marqueterie de porcelaine

ou décor en pâte sur pâte.

Les pièces possédant déjà un fond coloré sont sculptées

par la pose de couches de porcelaine diluée supplémentaires blanches

 ou colorées avec des oxydes métalliques (barbotine)

En 1876, la Manufacture trop à l’étroit déménage dans un site désenclavé

du parc de Saint-Cloud, en bordure de Seine,

dans de nouveaux bâtiments qu’elle occupe aujourd’hui encore

avec le musée national de Céramique.

 

  

A partir de 1900

 

chocolatière, 1940 

 

 Les décors sont influencés par le moderne style et la technique du "pâte sur pâte"

qui correspond bien au goût de cette époque.

La première guerre mondiale est une parenthèse

pendant laquelle la manufacture travaille pour l’armée.

En 1925 c’est l’"art déco" qui influence la production.

De nombreux artistes influencent les décors de la manufacture:

R. Lalique, Pompon, Carzou, Lurçat, L. Fini

 

 

Sèvres contemporain

Le ministère Malraux relance la collaboration de nombreux artistes de grand renom

avec la manufacture : Agam, Alechinsky, Arp, Calder, Mathieu…

Ces artistes innovent aussi bien dans les motifs du décor que dans les formes.

Jack Lang crée un atelier expérimental de recherche et de création.

Antoine Albis met au point une nouvelle porcelaine, très blanche baptisée "AA".


Les anciens bâtiments de la Manufacture royale

 ont ensuite abrité l’Ecole normale supérieure de jeunes filles, de 1881 à 1940,

puis le Centre international d’études pédagogiques depuis 1945.

 

 

vase coupe avec verres rouges par Ettore Sottsass, 2006 

En 1994, il découvrit les techniques de production de la Manufacture,

  il y concevra, durant deux années,

 un ensemble de 15 formes.


 

 
    

 

La mémoire de Sèvres

  La Manufacture conserve la mémoire de plus de

 250 années de production de porcelaine :

90 000 moules, 20 000 décors peints et documents iconographiques,


3 000 dessins, 6 000 modèles en plâtre, etc…

Elle édite d’après les modèles d’origine des pièces classiques ;

et invite des artistes à concevoir de nouvelles formes

et de nouveaux décors et réalise chaque années, en tirages limités,

 des pièces exceptionnelles, inédites ou épuisées, de son répertoire historique.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 


La dentelle du Puy en Velay : tout un Art (avec visite virtuelle)

   

 

             

 

 

 

 

 

  

et chez Harmony   

 

 
 
 
 
Louise Marguerite de Conti (1588-1631) 
 
époustouflant travail de dentelle

  

 

 

La dentelle du Puy en Velay 

 

 

Le carreau

 

Il s’agit du métier sur lequel se pratique l’ouvrage, sorte de coussin carré
 
 à l’intérieur duquel se trouve un cylindre garni de tissus
 
 qui est fixé sur un axe et des montants latéraux.
 
Une autre pièce de plan incliné, où s’étalent les fuseaux,
 
 relie les supports du cylindre.

 

 
 
 

Dans le passé, les dentellières "faisaient couvige"

 dans les villages de Haute-Loire.

Elles s’installaient à la belle saison près d’une grange, et l’hiver,

dans la maison de l’une d’elles.

 

 

Souvent, le carreau était fabriqué à la ferme et chaque dentellière

 le personnalisait avec des images comme celles de la Vierge, des Saints…

 

 

Le fuseau

 

 
 

   est un petit instrument en bois tourné de 8 à 10 cm de long, 

 de forme allongée. Il est constitué de 3 parties :

 
la tête ou gland :  partie qui retient la boucle d’arrêt du fil.
 
le fût ou bobine : partie centrale autour de laquelle on embobine le fil.
 
le manche : partie qui permet le maniement du fuseau.
 
 
 
 
 
 
 

 

 
Les épingles
  
 

Elles sont utilisées pour maintenir le fil en lui faisant suivre le dessin

piqué sur le carton ainsi que les croisements des fils.

 Autrefois, elles étaient en cuivre ou laiton car ces matières ne rouillant pas,

elles ne tâchaient pas la dentelle. 

De nos jours elles sont en acier inoxydable avec une tête à verre multicolore.

 

 

Le carton

 

 

 

C’est le patron.

Le modèle à exécuter est un dessin porté sur un carton de couleur brique,

 percé de petits trous destinés à recevoir l’épingle.

 

Pour réaliser un carton il faut faire appel à différents métiers :

Le dessinateur est un artiste qui conçoit un modèle selon son inspiration,
 
 la mode ou la demande d’un fabricant.
 
Ensuite vient le travail du metteur en carte qui est un technicien
 
 dont la tâche est de rendre en dentelle le travail du dessinateur.
 
Il transpose le dessin sur un calque où il détermine l’emplacement des épingles,
 
 le passage des fuseaux et leur nombre.
 
Il peut décomposer le dessin en 2 ou 3 planches.
 
Puis c’est au piqueur d’intervenir,
 
il place ce calque sur les cartons qui seront percés
 
aux emplacements des épingles.
 
Enfin, le carton arrive à la crayonneuse qui trace à l’encre les signes,
 
dessins et couleurs conventionnels suivant les instructions du metteur en carte.

  

  

 

La dentelle constituait un appoint  "pécuniaire" non négligeable,

c’était une occupation à domicile, les dentellières travaillaient à "façon",

 les fils et le modèle étaient fournis par le grossiste,

 le calque était rendu après usage.

 Chaque famille de la région possédait un, voire deux  "carreaux".

En 1776, du fait de ses exportations, la dentelle occupait 80000 personnes.

Le Puy en Velay comptait 173 marchands,

dont dix environ exportaient à l’extérieur de l’hexagone.

Actuellement cette industrie, qui s’est modernisée connaît un certain essor 

 notamment grâce aux commandes de pays étrangers.  

 

 
 
matériel ancien
 
 
Les autres objets utilisés par la dentellière
 
- une petite chaise basse à haut dossier :
 
elle est souvent l’oeuvre du mari de la dentellière
 
- un tabouret pour reposer ses pieds :
 
 petit banc en bois rustique remplacé l’hiver par une chaufferette.
 
- un guéridon à 3 pieds :
 
 sur lequel était posé la boule de verre remplie d’eau qui diffusait
 
et amplifiait la lumière de la lampe à huile sur le carreau.
 
- une boîte à fuseaux : en bois souvent sculptée au couteau
 
- une petite corbeille : ronde pour contenir fils et ciseaux
 
- une demi-aune : règle pour mesurer le travail en dentelle
 
- un plioir à dentelle en bois :  autour duquel on met la dentelle
 
pour qu’elle ne se froisse pas. 
 
 
 

 

La technique
 

 

La dentelle naît de l’entrelacement et des croisements des fuseaux.

Quatre fuseaux sont nécessaires pour effectuer l’élémentaire corde.

 Il faut une quarantaine de fuseaux et une cinquantaine d’épingles

pour effectuer les modèles les plus courants.

 Différents points ou motifs exécutés par une dentellière :

la corde ou torsion, la corde, le mat ou toilé, la grille, le point d’esprit.

 

tambour
 

 

Pour une visite virtuelle
 
 

  

 

 

 

 

 

 


La Vente du Siècle et visite de l’appartement d’Yves Saint Laurent

 
 
 
 
 
 
 
 
"Les obsèques d’ Yves Saint Laurent, ont eu lieu le jeudi 5 juin 2008 en l’église Saint Roch à Paris.
 Un millier d’anonymes et de nombreuses personnalités étaient venus rendre un dernier hommage au couturier…
le plus touchant fut celui rendu par Pierre Bergé, l’homme qui partagea la vie d’Yves Saint Laurent pendant 50 ans…
 Un hommage magnifique et émouvant, une déclaration d’amour d’un homme à un autre dans une église…"
que vous pourrez suivre dans son intégralité en cliquant sur ce lien :
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

Visite d’un appartement d’exception,

 celui d’Yves Saint Laurent

et de Pierre Bergé

 

 La vente du siècle chez Chrystie’s Paris

 

"Oui, à Paris, dit Pierre Bergé. C’est en France que nous avons fait notre carrière,

c’est en France que nous avons gagné notre argent. C’est donc à Paris qu’aura lieu la vente."  

 

 

Une collection unique, sublime, inoubliable, remarquable … les qualificatifs fusent

de la bouche des nombreux experts mobilisés, qui ne savent plus à quel superlatif se vouer !

Incontestablement, cette collection de 700 pièces,

 "modèle français de la qualité et du goût"

est exemplaire.

 D’abord, parce qu’elle a été constituée avec passion

et exigence par deux des plus grands esthètes du XXème siècle.

Ensuite, parce qu’il est rarissime qu’une collection privée contienne autant de chefs d’oeuvres,

couvrant aussi bien l’Art Moderne, l’Art Déco, que le mobilier et les objets d’Art Européen,

 les antiquités, les tableaux et les dessins anciens et du XIX ème siècle.

  

"Nous avons voulu, Pierre Bergé et moi, que notre choix soit le reflet de nos coups de cœur

 

et que notre collection évolue avec eux, la qualité est le seul critère qui nous a guidés".

 

Yves Saint Laurent

 

"Ces tableaux, ces objets, même quand ils seront partis ne me quitteront pas." 

Pierre Bergé

 

En 1972, Yves et Pierre quittent leur appartement de la place Vauban pour s’installer rue de Babylone.

C’est là que nous nous rendons pour une visite tout à fait exceptionnelle.

 

 Entrée

 

  

C’est par une discrète porte noire que l’on pénètre dans cette cathédrale consacrée à l’Art.

L’entrée, aux courbes gracieuses, laquée  d’un rouge opium et couronnée d’une voûte dorée à la feuille,

 sert d’écrin au grand torse romain de marbre blanc qui vous accueille par un subtil contraposto.

 Rome, Ier-IIème siècle ap J.C. 

 

 Grand salon 

 

Les panneaux de chêne sont tapissés de tableaux, les œuvres sont signées Théodore Géricault,

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Fernand Léger, Paul Klee, Henri Matisse,

Paul Cézanne, Pablo Picasso, Juan Gris, Edward Munch…

Quant au mobilier, il  regorge de surprises, notamment Art Déco, 

 

 

  

avec notamment un "fauteuil aux dragrons", d’ Eileen Gray, vers 1920-1922.

  

 

  Salon de musique

 aux murs, un ensemble de 15 miroirs aux branchages, 1974-1975, de Claude Lalanne,

 réalisé spécialement pour le lieu. 

"Ce qui m’a séduite dès le premier abord chez Yves, c’est la grande tendresse que nous avons partagée.

Elle m’a accompagnée tout au long de ces années et m’a permis d’aboutir à la folle réalisation

de la chambre aux miroirs qui reste mon plus précieux souvenir." Claude Lalanne

 

 

C’est à la suite d’un voyage en Bavière et en Autriche que l’idée de ce décor est née dans l’esprit d’Yves.

Les salons de miroirs de ces châteaux baroques, où se reflètent à l’infini dans une féerie chatoyante,

 les objets et les personnes, sont à la source de l’inspiration de ce décor.

 

Détail 

 

 

Les artistes couvrirent les murs d’une quinzaine de miroirs en bronze à décor végétal

et branches de lumière. Lorsque le soir, les branches équipées de bougies

projetaient leur reflet dans les miroirs, le résultat était spectaculaire

et les miroirs sublimés par cette mise en scène féérique… 

 

 Cabinet des curiosités

 

L’escalier qui mène à l’étage inférieur, aboutit à un palier d’où surgit

comme le gardien du Temple un couvercle de sarcophage égyptien.

 C’est le passage obligé pour découvrir le cabinet de curiosités:

 petite pièce tapissée de vitrines à l’image des Schatzkammer des Princes Electeurs allemands.

 Elle a été conçue dans les années 80 par le décorateur Jacques Grange

pour mettre en valeur la collection de camées, d’émaux, de bijoux,

 de coupes et de croix en agate, calcédoine, jaspe, ivoire, nacre,

lapis lazuli et cristal de roche collectionnés avec passion.

 

 

 Egypte, Epoque Ptolémaïque, IVe siècle av. J.- C.

 Couvercle de sarcophage anthropomorphique. Bois et incrustations de verre (yeux), hauteur 205 cm  

 

 

C’est un apaisant bouddha en bois laqué or et rouge de la dynastie Ming en position de dhyanasana, 

qui préside avec sérénité et grâce les lieux. 

 

Bibliothèque

 

Une fois de plus, dans cette pièce lumineuse qui donne sur le jardin,

Yves Saint Laurent et Pierre Bergé ont apporté leur goût commun.

Une série de paravents de toutes tailles, en marqueterie de paille, bois ou parchemin,

 accompagnée de tables basses en placage d’ivoire.

   

 

 

Au premier plan, le bar YSL, 1965, de François-Xavier Lalanne.

On ne peut être qu’impressionné devant les trois huiles emblématiques de Piet Mondrian

 et pensé à la collection hommage que le couturier de génie, lui a rendu.

 

 

 

 Composition with Grid 2 (Composition no. 15), signé des initiales et daté ‘PM 1915’ (en bas à gauche).

 Huile sur toile, 97 x 62.3 cm. Peint en 1915 (En 1942 Mondrian a nettoyé et tourné le tableau 180°) 

 

 

   

 

 

 

Composition avec bleu, rouge, jaune et noir, signé du monogramme ‘PM’ (en bas à droite).

Huile sur toile, 79.6 x 49.8 cm.

   

Le regard se pose sur une gouache découpé de Matisse 

qui fait face à la tapisserie d’Edward Burne-Jones "L’Adoration des Mages", pièce unique..

 

 

   

 

 "Le Danseur", signé des initiales ‘HM.’ (en bas à droite).

 Papier collé et gouache sur papier marouflé sur toile, 74 x 62 cm. Exécuté en 1937-38.

 

Les lampes et les lampadaires de Giacomettin et de J.M Franck, les marbres antiques,

les bronzes du XVII et XVIIIème siècle, un petit paysage du Douanier Rousseau

 accroché aux côtés d’un portrait de Jean Cocteau par Modigliani,

 enveloppent de leure présence le visiteur ému.

 

 Salle à manger

  

 

possède une suite de 18 chaises italiennes datant du mlieu du 18ème siècle

et provenant du Palazzo Carrega-Cataldi à Gênes.

 

 Jardin

 

 

 
 
Placé au centre du jardin un minotaure, monstre fabuleux à corps d’homme et tête de taureau.
 
ROME, Ier – IIe siècle ap. J.- C.,  marbre, hauteur : 107 cm

 

 
 

A la fin des années 80, Pierre Bergé s’installe rue Bonaparte 

 Pour conclure ce billet, juste quelques photos de l’endroit ou repose

Monsieur Yves saint Laurent, l’homme du beau.  

 

 

Ceux qui le souhaitent peuvent se reporter aux billets déjà consacré  à Yves Saint Laurent

et à la villa Majorelle de Marrakech.

  

 

 

sources texte et photos très nombreuses car l’on a beaucoup publié sur cette vente du siècle  

Le Monde du 25 février 2009 

"Par millions, les euros ont continué à s’accumuler au deuxième jour de la vente aux enchères à Paris de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé, avec un nouveau record du monde établi mardi 24 février pour une vente d’art décoratif, à 59,1 millions d’euros.

La deuxième journée de la "vente du siècle" se solde par un total de quelque 101 millions d’euros, après la vente de tableaux anciens (22,2 millions) et d’orfèvrerie (19,8 millions) qui s’ajoutent aux 206 millions d’euros de la veille, déjà un record mondial pour une collection privée. Ce total de 307 millions d’euros a d’ores et déjà dépassé les estimations pour l’ensemble de la collection, alors qu’il reste une journée d’enchères.

Autre record, le mardi 24 février, la vente du "fauteuil aux dragons" d’Eileen Gray pour 21,9 millions d’euros, le deuxième prix le plus haut jamais atteint pour un meuble. "C’est le prix du désir", a déclaré la galeriste parisienne Cheska Vallois, qui a acheté le fauteuil de Gray pour un collectionneur privé."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le lapin à Gill ou le lapin-agile

       

  

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le lapin Agile 
 

 

 
 
 
 
C’est une maison villageoise rose, couverte de lierre,
 
située au 4 de la rue des Saules, à Montmatre.
 

« Au coin de la rue Saint Vincent et de la rue des Saules,

situé sur la pente nord de la Butte Montmartre, apparaît le vieux Lapin Agile posé,

depuis près d’un siècle et demi, sur la terre, comme une lampe sourde.

 Une étrange petite maison de Noël

où chacun peut entendre la chanson de son attendrissement personnel. »

Pierre Mac orlan

 
 
 

Cet établissement a souvent changé de nom :

C’est dans la partie haute de Montmartre

qu’est construit en 1795 le bâtiment qui abritera plus tard le Lapin Agile.

 

 Vers1860

 

 Il devient,une auberge baptisée

« Au Rendez-vous des voleurs ».

A partir de 1869

 

il prend le nom de

« Cabaret des Assassins »,

 parce que sont accrochées au mur des gravures représentant des assassins célèbres,

de Ravaillac à Troppmann.

**(un vrai coupe gorge cette gargotte, sans moi, merci,

c’est qu’elle n’est pas téméraire Harmony)**

 

Entre 1879 et 1880

 

 le propriétaire de l’époque confie

au caricaturisteAndré Gill, familier des lieux, la confection d’une enseigne ;

celui-ci peint un lapin vêtu d’une redingote verte et d’une écharpe rouge

 s’échappant de la marmite qui lui était destinée :

 le cabaret devient alors connu sous le nom de lapin à Gill,

 bientôt transformé en lapin Agile.

 Le lapin de l’enseigne serait en fait un autoportrait transposé du caricaturiste,

qui avait participé à la Commune (il faisait partie de la Commission des artistes),

 mais avait réussi à échapper à la répression qui avait suivi.

(Si l’on prend ceci pour la vérité, l’autre « histoire » de la spécialité d’Adèle, ne tient plus,

puisque l’enseigne aurait été créé avant qu’elle n’achète le lapin agile.

Harmony est parfois logique…….)

 

Racheté en 1886 par une ancienne danseuse de cancan,

 

Adèle Decerf (surnommée « la mère Adèle »),

 celle-ci, après s’être débarrassée de la partie la plus douteuse de sa clientèle,

en fait un café-restaurant-concert baptisé

 « A ma campagne »,

 que fréquentent pendant la journée les habitués du Chat Noir.

 Le chansonnier Aristide Bruant en est également un habitué,

 et il y amène Toulouse-Lautrec et Courteline.

 Des concerts d’amateurs ont lieu le samedi soir et le dimanche matin

  sous la surveillance d’un agent, se souvient Pierre Mac Orlan.

Au début du XXe siècle

« la mère Adèle » revend le cabaret à Berthe Sébource,

 qui s’y installe en compagnie de sa fille,

Marguerite Luc (surnommée « Margot », et future épouse de Pierre Mac Orlan

.)

Elles sont rejointes en 1903 par Frédéric Gérard (1860-1938),

 dit

 « le père Frédé »,

grâce à qui le Lapin Agile va devenir un lieu incontournable

 de la bohème artistique montmartroise;

 La spécialité culinaire d’Adèle était le lapin sauté à la casserole. 

 

 

Le jeu de mots

 

   Le dessinateur caricaturiste André Gill imagina comme enseigne

un lapin bondissant hors de la casserole.

Par jeu de mots, le lapin à Gill devint le « lapin-agile ».  

L’original de l’enseigne est conservé au musée de Montmatre.

En 1903

 Aristide Bruant racheta le cabaret et le nouveau gérant,

Frédéric Gérard, donna une nouvelle vie au cabaret.

Autour de sa guitare et de son violoncelle,

toute la bohème montmartroise se retrouve le soir dans la bonne humeur.

 

 

 

Réunion d’artistes parisiens, parmi lesquels Poulbot,

Dufy, Barrère, Neumont, Roubille,

 écoutant le père Frédé (à la guitare). Paris, vers 1905

 

Le père Frédé anime les soirées

 

 

il chante et fait chanter les uns, déclamer les autres.

Le lapin Agile devient le temple des chansonniers et des artistes.

On peut y voir Carco, Apollinaire, Courteline, Max Jacob, Marcel Proust;

les peintres Renoir, Utrillo, Braque, Modigliani et Picasso

qui aimait s’asseoir à la terrasse avec sa chienne Frika.

Il a peint des toiles où il se représente avec Frédé,

puis représentant Margot, la belle-fille de Frédé. 

 

**Harmony fût morte de rire lorsqu’elle appris ceci**

 

 

Un jour, le peintre « Boronali » exposa sa toile abstraite :

 

  

  » coucher de soleil sur l’Adriatique  »

au Salon des Indépendants et la critique fut enthousiaste ! 

 ***Il s’agissait en réalité d’une oeuvre de Lolo, l’âne de Frédé,

 à qui on avait attaché un pinceau à la queue !*** 

 

Frédé et son âne Lolo

 

 Boronali est l’anagramme d’Aliboron, l’âne de la fable de La Fontaine…

Le cabaret en lui même ne paye pas de mine,

un café comme on pouvait en trouver autrefois

et qui acceuille toujours des chansonniers à l’occasion de veillées-spectacle.

 

Une pépinière de talents 

 

 

Aristide Bruant achète le Lapin Agile

pour éviter qu’il ne périsse sous la pioche des démolisseurs.   

 Il le revendit en 1922, dans des conditions les plus amicales au fils de Frédé, 

 Paulo, son unique élève.  

Sous la direction de Paulo et plus tard avec sa femme la chanteuse Yvonne Darle,

l’établissement prend un essor important, le spectacle s’organise,

 des chanteurs, des musiciens peuvent y faire leurs débuts.

    On y voit dans les années 30,

 s’y produire pour la première fois en public, Rina Ketty,

Pierre Brasseur, Jacques Pills…

 Puis dans les années 40, 50, 60

Jean-Roger Caussimon, Alexandre Lagoya, Annie Girardot,

 Claude Nougaro, alors tous inconnus.

 

Aujourd’hui encore,

 on y boit les traditionnelles cerises à l’eau de vie

 les gens s’y regroupent sous la lampe voilée,

et chantent devant l’âtre du Père Frédé.

 

 Le mot d’Harmony

« Chaque fois que le plaisir m’est donné

de retourner à Montmartre,  jamais blasée,

 je  m’arrête devant le lapin agile.

Lui, il ne change pas,

 je suis certaine que l’âme des anciens qui l’habitent

 le retrouvent comme par le passé, mais moi,

 je vois le quartier autour qui change hélas,

 la modernité à toujours son revers….. »

 

Le lapin de nos jours 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 peinture contemporaine : Pavé de Paris
 
 
Le lapin agile a été peint de nombreuses fois
 
par des artistes de renom,
 
je vous invite à feuilleter l’album de photos lorsqu’il sera prêt.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

   

Création  
  
 
 
  
  

 


Victor Hugo : 2ème partie, dans l’intimité de ses maisons

 

 

 

VICTOR HUGO

et ses

MAISONS 

 

 "Les maisons d’écrivains ne sont pas seulement ancrées dans la réalité, une région, une époque,

 des meubles, des objets personnels, mais aussi dans notre imaginaire, notre culture et notre mémoire."

 

le mot d’Harmony

"Ne dit-on pas que les maisons sont le reflet de l’âme..".

 

   

 

 

La maison natale de Victor Hugo,

 au 140 Grande-Rue à Besançon

"Il neigeait à gros flocons ce soir. Mme Hugo s’apprête à mettre au monde son troisième enfant.

 Après Abel (3 ans) et Eugène (1 an et demi), les époux Hugo espèrent une petite Victorine

mais quand l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit sans joie

à l’arrivée du troisième garçon baptisé Victor", raconte l’album "Les années Hugo" (Larousse).

Victor est de surcroît un enfant chétif, dont la mauvaise santé inquiète son entourage."


 

    

La Ville de Paris conserve les deux lieux où Victor Hugo vécut le plus longtemps.

L’appartement situé au deuxième étage de l’Hôtel de Rohan Guéménée,

 place des Vosges à Paris qu’il loua pendant seize ans (de 1832 à 1848),

 et Hauteville House, seule maison acquise.

 (voire billet sur ce que je considère comme la plus belle place de Paris, et le billet sur l’hôtel de Sully)

 

 

 

 

Victor Hugo à l’hôtel Rohan-Guéménée

 

 

 

 Il  vécut au deuxième étage de 1832 à 1848.

C’est là qu’il recevait Vigny, Lamartine, Sainte-Beuve, Dumas, Mérimée…

et écrivit quelques unes de ses oeuvres majeures comme : Marie Tudor, Ruy Blas, 

Les Chants du Crépuscule, Les Voix intérieures, Les Rayons et les Ombres,

une grande partie des Misérables et entreprit La Légende des siècles.

 

 

 

 

Le musée de la place des Vosges fut fondé en 1902, année du centenaire de la naissance de Victor Hugo,

 à l’initiative de Paul Meurice, ami de longue date, ardent défenseur de Hugo et de son oeuvre,

et grâce à l’importante donation qu’il fit alors à la Ville de Paris.

Premier musée monographique et littéraire,

la Maison de Victor Hugo recèle le fonds d’oeuvres graphiques

 et de manuscrits de Victor Hugo le plus important

avec celui de la Bibliothèque nationale de France:

 éditions originales de l’écrivain, peintures et sculptures lui rendant hommage, 

estampes, photographies, caricatures et pièces de mobilier.

 

 

  

En 1927, année du centenaire du romantisme,

les descendants de Victor Hugo firent don à la Ville de Paris

de sa maison d’exil à Guernesey : Hauteville House.

C’est dans cette maison  qu’il passa, de 1856 à 1870, la plus grande partie de son exil.

Elle fut pour lui l’occasion de déployer avec une rare inventivité ses talents de décorateur.

"Véritable autographe de trois étages",

comme l’écrivit son fils Charles, cette maison est, aujourd’hui encore,

 conservée dans son intégrité et est ouverte au public  d’avril à septembre.

     

 

Victor Hugo à Hauteville House

   

 

   

le palier bibliothèque

 

 Victor Hugo avait accumulé à Hauteville House, dans les vitirines du palier du deuxième étage

 et à l’étage supérieur sur les rayons de l’antichambre, plusieurs milliers de volumes et de brochures.

On connait les vers de Hugo :

"J’aime un livre, je hais une bibliothèque".

Il avait pour habitude de dire aussi :

"Je grappille…..je lis les livres qu’on ne lit pas".

Il avait fait venir de France les quelques livres

qui avaient échappé à la vente de son mobilier en juin 1852.

Il fit des acquisitions chez les marchands de bric à brac de Guernesey,

 également au cours de ses voyages sur le continent.

 Il reçut et conserva (il gardait tout) un nombre considérable d’envois de jeunes auteurs

et de démocrates de tous les pays ; la plupart de ces brochures

 ou livres portent sur leurs couvertures une grande lettre "r" d’une écriture appuyée :

 le poète note qu’il a répondu à l’expéditeur ; très souvent les pages ne sont pas coupées.

Les livres en anglais avaient fait partie de la bibliothèque de François Victor.

Parmi ces livres, une des premières éditions de

"l‘Encyclopédie de Diderot et D’Alembert",

que l’on voit dans une des bibliothèques de gauche.

Sur le mur de droite, une très belle horloge anglaise "au gai carillon" disait Charles,

indique l’heure, les jours, les mois et les phases de la lune.

Une inscription reprend celle des cadrans solaires latins pour en changer le sens :

 "Toutes laissent leur trace au corps comme à l’esprit.

 Toutes blessent, hélas! la dernière guérit".

Près de l’horloge, un escabeau peint en rouge :

Hugo a gravé des fleurs, un papillon, un moineau,

 toute la flore et la faune des "Chansons", ainsi que les lettres HH qu’il a ensuite dorées.

 Ses intitiales figurent sur la planchette entre les montants.

Devant, sur un socle fait de vieux panneaux, une presse complète le mobilier.

 

 

Victor Hugo (à droite) et ses deux fils, François (debout) et Charles,

posant à Jersey devant l’appareil photographique.

Date de cette prise de vue : probablement 1853.

Trois portes, à droite celles des chambres de Charles et François Victor (que l’on ne visite pas),

 l’une est recouverte de panneaux de couleur acajou aux personnages découpés ou dessinés,

 la seconde, vitrée, isolée par un encadrement doré.

A gauche, une porte à deux battants recouverts d’acajou dessinés où l’on peut lire le mot "Autumno",

permet d’accèder à la galerie de chêne et à la chambre dite de Garibaldi.


 

 

   

 

La Galerie de Chêne

Pièce étonnante, du plus pur moyen âge romantique, qui constitue l’antithèse des salons .

Au lieu des soieries et des laques, après les couleurs chatoyantes,

 le vieux bois, employé presque seul. D’où l’expression de Charles :

 "une véritable forêt de chêne",

 assez sombre malgré les cinq fenêtres.

 Aucune cloison, des stalles qui s’arrêtent à mi hauteur entre lesquelles s’ouvre un passage,

 si bien que cette galerie est la plus longue de toutes les pièces d’Hauteville House,

pourtant la sensation d’y être enfermé est omniprésente, d’autant que le plafond y est très bas.

Dans le projet initial, Hugo songeait à faire de la galerie son appartement personnel :

un cabinet de travail, une chambre à coucher.

Pourtant c’est à l’étage supérieur qu’il travaillera et couchera.

Il coucha que quelques temps, dans cet appartement, au cours d’une maladie assez grave.

Ce n’est qu’en 1867, que la chambre prit le nom de chambre de Garibaldi ;

Victor Hugo ayant invité celui-ci à venir partager son exil

 à Guernesey après la défaite de Mentana en 1866.

 Garibaldi remercia, mais ne vint jamais.

 

 

L’entrée de la galerie de chêne est encadrée par deux colonnes torses,

soutenant un linteau orné de naïades.

 La lourde porte est à deux battants, elle est recouverte du côté intérieur

de panneaux de bois sculptés et peints, provenant probablement d’une église.

Les sculptures représentent des saints, parmi lesquels ont reconnait Saint Pierre

 et ses clefs et Saint Paul et son glaive.

 Au bas des vantaux, une double inscription en lettres dorées :

 "Perge, Surge" (Marche, Lève toi).

 Sur une des colonnes est fixée une chaîne dorée, destinée à tenir la porte fermée.

De chaque côté de la porte, un vitrage à verre bosselé

 et un grand miroir convexe posé sur un panneau carré de soie vert et jaune.

 A gauche en entrant, une stalle en bois sculpté composée par Hugo ;

 au dossier, trois panneaux guernesiais ; sur les côtés du siège,

un panneau gothique à motif dit "parchemin roulé".

Plus loin, un cabinet espagnol en bois clair, qu’on appelait "armoire de Burgos",

décoré d’incrsutations de nacre et d’ivoire représentant des oiseaux,

des chiens, des vases et des fleurs.

Une statuette de jade et deux médaillons en agrémentent le fronton.

Sur un panneau de cuir de la même couleur que celle du bois,

entre l’armoire et le plafond, cette sentence inscrite avec des clous dorés :

 "Les Dieux sont aux vainqueur, Caton reste au vaincu".

 

Sur le mur suivant, la cheminée

qui, par son aspect sévère et son ampleur massive rappelle celle du salon des tapisseries.

Le mur tout entier disparaît, jusqu’au plafond, sous un revêtement de boiseries.

La cheminée occupe la partie centrale, et de chaque côté,

 des panneaux portugais forment des placards ;

dans celui de droite est inséré un superbe coffre en cuir de Cordoue.

La partie centrale de la cheminée est décorée de quatre cariatides :

 deux dryades et deux sylvains couronnés de fruits ;

en arrière, deux vases chinois polychromes et un large miroir.

Posée entre les cariatides sur un piédestal de plaques de Delft bleues

 et de carreaux blancs, une charmante statuette chinoise :

un homme à la peau brune, au pantalon d’un beau vert brillant ;

il est appuyé sur un bâton et tient une gourde à la main ;

 il ouvre la bouche comme pour appeler. Il s’agit vraissemblablement d’un pâtre.

Charles Hugo prétendait que c’était

"un buveur d’opium en céladon,

exquise figure digne de l’antiquaire le plus difficile".

 

 

Ce n’est point la cheminée seule qui forme un monument,

 la table et les trois fauteuils placés devant en sont indissociables.

Le fauteuil central, le plus grand, est couvert de cuir, les deux autres sont de chêne.

Sur le revers de chaque dossier,

Hugo a écrit en lettres capitales tracées par des clous dorés,

 les trois noms de sa Trinité :

 

 

"Filius" (fils), "Pater" (père) et non pas "Spiritus" (esprit) mais,

après s’être ravisé, "Mater" (mère).

 Sous le mot fils, dans un cartouche de soie,

 la phrase "Amatus amat" (aimé, il aime).

Le mot "Pater", il va de soi, à les lettres les plus hautes.

La tapisserie recouvrant le dossier du fauteuil de la mère, représente une fillette :

Hugo ne pouvait pas ne pas songer à Léopoldine.

Plus sobre, le mur des trois fenêtres.

Deux assemblages : une table à pieds tors qui sert de socle à un cabinet sculpté et,

un coffre sur lequel est posé un bahut. Au dessus de chacun d’eux, un miroir.

Les traverses supérieures des fenêtres sont cachées par ce que Hugo nommait

 des "frises à jour", en bois, avec les lettres V et H, puis VH entourées de deux J

 (initiale du prénom de Juliette Drouet, que Hugo appelait volontiers Juju ou dans ses carnets JJ),

enfin H. Les lettres V er H sont gravées et peintes sur les volets de la troisième fenêtre.

Au milieu de la pièce, se dresse un lampadaire imaginé par Hugo.

Sur deux socles, le second carré, plus petit, décoré de panneaux où figurent,

avec Saint Pierre, Saint Matthieu, Saint Paul et Saint André,

 un arbre aux nombreux rameaux terminés par des bougeoirs qui sont, en réalité,

 des bobines de fils. Son faîte frôle le plafond : une Vierge à la tête penchée, au cou très long,

statuette que Hugo a taillée de ses mains dans le style archaïque.

"Le grand chandelier de bois que j’appelle "l’arbre de feu"

 a été fini aujourd’hui 7 mai 1859".

Hugo avait eu l’intention d’y faire mettre le gaz, mais y a renoncé.

 

 

Sur le plafond sont tendues plusieurs tapisseries,

 la plus imposante représente le Jugement de Pâris avec ces vers :

 "Juppiter avrati pacasset iurgia pomi pomi /

 Qui litem sedet sed Paris eligitur tur",

 que Hugo traduisait ainsi :

"Jupiter de la pomme eût apaisé la guerre /

 Mais Pâris est choisi pour arranger l’affaire".

Les deux stalles qui divisent la galerie n’ont point la même provenance.

 Celle qui rejoint en angle droit le mur des fenêtres, d’un gothique flamboyant,

 aurait appartenu à la cathédrale de Chartres,

 elle représente en tout cas deux écussons aux armes de la Maison de France et des Médicis.

 L’autre, en pan coupé sur le mur de la porte, a été conçue par Hugo

 et réalisée à l’aide de vieux panneaux. Un écusson présente cette fois,

 les armes des Hugo de Lorraine.

A chaque extrémité des stalles, soutenant la solive ornée d’un miroir

où sont suspendus deux lustres auxquels Hugo fixa un aigle bicéphale,

 deux énormes colonnes allégoriques. Leurs sculptures,

 des sarments rouges et des grappes dorées sur fond noir :

 "Tristitia" (Tristesse);

 l’autre, des sarments et des raisins noirs sur fond rouge :

 "Laetitia" (Joie).

 

 

La Chambre de Garibaldi


Pour pénétrer dans la chambre, il faut passer par le portique de la Tristesse et de la Joie.

 Le lit est "gigantesque" notait Charles,

"on ne trouverait le pareil que dans les chambres à coucher féodales".

Quatre colonnes torses. Le chevet, les bas flancs,

le ciel et le pied du lit sont presque uniquement bâtis àpartir de panneaux de vieux coffres, certains décorés.

Au pied, entre deux statuettes et sous quatre têtes de personnages aux yeux bridés,

 un panneau, le sacrifice d’Abraham.

Au chevet, après des tritons et des naïades, une composition symbolique :

en premier l’inscription "Nox – Mors – Lux" (La Nuit – La Mort – La Lumière) ;

 au-dessous, la tête d’un homme qui rit ; au-dessus, une tête encore,

 double, d’une part celle d’un homme aux yeux clos, barbu, de l’autre, un crâne.

Il s’agit du pommeau de la canne que le sculpteur James Pradier

(Père de Claire, fille de Juliette Drouet) avait offerte à Hugo en 1843.

Toute l’existence de l’homme telle que l’entendait la Bible et Hugo est ainsi figurée par ce lit,

qui de surcroît, peut pivoter et servir de cachette.

De chaque côté de ce grand lit, deux alcôves :

 à gauche, le cabinet de toilette, avec une petite fenêtre, un miroir et l’inscription

 "Error Terror" (Erreur Terreur),

 

 

 

 à droite une penderie que cache un rideau ;

Hugo y a fait percer une petite porte qui met en communication directe la chambre

 et le petit escalier qui monte au troisième étage

(rejoignant l’escalier, elle n’est pas visible du palier bibliothèque).

 La famille s’amusait à appeler ce passage étroit "l’escalier dérobé" comme dans Hernani.

Adossées au mur de droite, deux armoires encadrent un coffre de mariage en cuir

 et clous de métal doré transformé en siège.

 Hugo a rajouté les deux bras qui servent de "porte cartons".

 Au dessus des armoires, deux panneaux en cuir où l’on peut lire :

"L’esprit souffle où il veut, l’honneur va où il doit" et,

"Gloria victis, Vae nemini"

(Gloire aux vaincus, malheur à personne).

Au plafond, autour du ciel de lit,

 trois verdures dont les tons fondus se marient admirablement avec le chêne foncé.

Près de l’entrée aux colonnes torses, le plafond est décoré de deux petites tapisseries carrées,

probablement faites par Adèle Hugo (Adèle II ou Adèle fille).

 On peut notament y lire :

"La sagesse est mon guide et l’univers mon livre,

 j’apprends à refléchir pour commencer à vivre".

 
 
 
Le billet qui suit est la 1ère partie :
Victor Hugo, sa vie, son oeuvre
 
 
 
 

 

 

 

  

 

 

 


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